Partons du débat en cours actuellement à propos de la rémunération des artistes dans le contexte actuel de piratage des contenus culturels.
1 / La loi Hadopi vise essentiellement à interdire le piratage pour protéger les revenus des artistes.
2 / La licence globale prendrait acte d'une impossibilité de contrôle des dits téléchargements et accompagnerait le mouvement avec la taxation à titre forfaitaire des actes de téléchargements, un peu comme la taxe audiovisuelle en vigueur actuellement.
La loi Hadopi n'est pas réaliste à plusieurs titres : la riposte graduée transforme des opérateurs commerciaux en agents coercitifs de l'Etat, et d'autre part, "la riposte", même dans sa première forme, est immédiatement disproportionnée.
La licence globale n'est pas acceptable, d'après ce que j'ai compris, du fait de la somme considérable à demander aux internautes pour couvrir l'ampleur de leurs piratages. D'autre part, la protection des oeuvres ou le contrôle des téléchargements s'étend en pratique à d'autres propriétés intellectuelles, comme le logiciel qui fait les frais du piratage au même titre que les oeuvres culturelles.
Comment pourrait-on posséder une musique ? Avec la galette DVD/CD, on achète un droit personnel à la consommation d'un bien culturel, de façon illimitée, ou plutôt à concurrence de la validité du support. (Petite digression pour indiquer qu'une numérisation [légale dans un cadre privé] d'un bien culturel permet de s'affranchir significativement de la durée de vie du support, mais je ferme la parenthèse). Comment dire ? Ce choix unique offre trop. Bien souvent, je n'en veux pas autant. On voit bien qu'en raisonnant "marchandise", on brasse les paramètres commerciaux et techniques d'un autre âge. Ca n'a pas grand sens, à partir du moment où les outils pour l'accès quasi immédiat à toute les musiques existent et que leur usage est décentralisé/dématérialisé. On peut sérieusement imaginer les choses autrement aujourd'hui.
Quand je vais au concert, les chansons ne sont jouées qu'une fois. En fait je paie un spectacle vivant pour une prestation unique. D'autre part, je constate que les as du piratage sont parfois tellement avides que bien souvent , ils n'ont même pas le temps de consommer le produit de leur piratage, ou dans le « meilleur » des cas « une fois, pour essayer » avant d'abandonner le fruit de leur larcin sur leur disque dur.
A partir de ces deux réflexions, il m'est apparu que le plus juste consisterait à taxer les usages réels des enregistrements de ces produits/contenus. Pourquoi, en effet, taxer à même hauteur une personne qui aura écouté une chanson une fois autant que quelqu'un qui se la mettra en boucle ?
Bien sûr, les outils de « contrôle » de ces consommations ponctuelles n'existent pas encore, et j'imagine immédiatement que bien des gens n'en voudraient pas une seule minute pour des raisons de respect de liberté individuelle... Quand je vais acheter des oranges, c'est pourtant public...mais bon.
Les avantages de la solution sont pourtant très nombreux : très réparties, mais toutes comptabilisées, les consommations ne pourraient pas être très onéreuses (1€ la chanson aujourd'hui, c'est encore beaucoup, alors que 3 centimes l'audition d'une chanson paraît plus acceptable – l'abonnement chez Deezer ou Music Me est à 10€/mois). L'accès à de nouveaux programmes musicaux ne ferait plus l'objet d'aucune restriction à ce fameux droit d'accès forfaitaire qu'est actuellement l'achat d'un CD ou un DVD, ainsi les artistes, tous les artistes seraient traités à égalité.
Mais ce que j'aime le plus c'est l'idée qu'une personne a une limite de consommation fixée. Celle de sa journée. Elle ne fera jamais plus de 24h, pas plus que la terre ne grossira. La personne, la terre sont des ressources finies.
A défaut de révolution, la licence globale est la direction qu'empruntent discrètement les ayants droit à travers les offres forfaitaires de Deezer ou Music Me. C'est déjà ça, non ?
vendredi 22 janvier 2010
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