On a vu plus bas que je me posais la question de savoir comment des valeurs morales opposées pouvaient cohabiter chez ce que j'appelle l'homme de droite, et plus particulièrement ses valeurs religieuses vis à vis de son avidité.
Pour aller un peu plus loin, cet antagonisme me parait tellement évident, tellement présent, que je pense qu'on peut aller jusqu'à supposer qu'il est partie prenante de l'équilibre de l'individu droitier,et ceci sans même aller jusqu'à supposer qu'il y ait un jeu de manipulation à l'intention des autres, comme ce pourrait être le cas pendant sa pratique religieuse, observée dans sa paroisse. Cet écartèlement - par le fait qu'il est conscient - débouche forcément sur une forme de perversité ou sur une désagrégation morale telle que par contre coup, tout devient possible, tout et son contraire. Je peux pratiquer l'égoïsme et professer l'altruisme. Je suis libre.
L'homme de gauche, lui, au contraire, ne peut se défaire de son honnêteté ou du filtre de l'observation de sa propre morale dans ses actions. Il ne peut "bouger" que pour étendre le champ de sa pratique morale ou en la pratiquant avec plus d'ascèse, pour tenter d'atteindre une forme de perfection. Fils de sa morale, il en est le prisonnier. Il en devient prévisible. D'où sa révolte, et la couleur de son rapport au monde, ou pour être plus précis, ou pour recouper ce qui a été dit plus bas, son indignation récurrente, sa fébrilité.
Il a pourtant à son actif une cohérence et une honnêteté bien plus considérable que le droitier qui abandonne sa propre morale quand ses intérêts le lui réclament. Cette cohérence lui permet d'accéder à une densité humaine plus importante. Mais cela ne va pas sans quelques devoirs de constance, une inlassable étude du monde, comme s'il lui en revenait la responsabilité à lui seul. Dans les yeux des uns cette densité se sera bâtie sur un beau mensonge orgueilleux qui confine au pathétique, tandis que dans les yeux des autres, elle sera synonyme de dignité, et d'humanité véritable.
lundi 15 février 2010
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